Xavier Joseph Theurillat

Transit hora, Lux permanet

Xavier J. Theurillat rédige un roman de plus de 400 pages à partir de la fin des années 1950. La version définitive, dactylographiée par son épouse, date de 1962.

Roman

Le titre Hors la loi et le sous-titre Satire judiciaire donnent à penser que l’intrigue du roman tourne autour de la question de la justice. Dans l’introduction de l’œuvre, Xavier J. Theurillat note en effet que l’affaire d’incendies, qui bouleverse la population d’un village, suscite des interrogations sur la manière dont la justice est rendue. Et, tout en se défendant de faire appel à la philosophie, il affirme que la « justice au grand J » procède de celle que les hommes vivent entre eux au quotidien : manigances, vexations, erreurs, fraudes fiscales, manques d’équité, trahisons, … Le pseudonyme choisi par Xavier J. Theurillat pour signer son œuvre est de ce point de vue très éloquent : Abel Caïn. L’être humain est bien continuellement tiraillé entre le bien et le mal.

Cela dit, ce serait une erreur de ne voir dans ce roman qu’une affaire judiciaire. Passionné d’histoires policières, Xavier J. Theurillat a fait de son roman un roman policier, avec ses intrigues, ses rebondissements, ses fausses pistes, qui ne trouve son dénouement qu’à la fin du 2e tome. Le souci est constamment présent de tenir le lecteur en haleine.

Il est important de dire aussi un mot du style utilisé. Xavier J. Theurillat signale, dans une note en marge du roman, qu’il n’a pas la prétention de faire œuvre littéraire. Il avoue avoir conscience de ses limites dans ce domaine, de la lourdeur de certaines tirades ou descriptions, tout en revendiquant pourtant sa manière propre de s’exprimer. On pourrait dire qu’avec cette oeuvre, on a affaire à quelque chose qui correspond à ce qu’on nomme L’art brut en peinture. Même s’il est travaillé - le grand nombre de ratures, de retouches, de corrections dans le manuscrit l’atteste - le style n’est pas toujours maîtrisé, l’auteur étant à l’évidence plus préoccupé par l’expression des jeux de mots, des clins d’œil, des intrigues, des sous-entendus, avec des touches d’humour et d’ironie.

Par contre, au niveau de la construction, le roman témoigne d’une charpente très élaborée et très solide. On reconnaît ici la précision de l'horloger qui ne se laisse pas aller à l’à peu près. Et, tout naturellement, dans des notes personnelles, Xavier J. Theurillat suggère que son roman soit découpé pour le cinéma en trois épisodes à la fois indépendants et complémentaires. Il esquisse même un début de scénario. Rien d'étonnant pour celui qui ne ratait que rarement une pièce policière, radiodiffusée ou télévisée!

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